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Géologie et connaissance du sous-sol

3 questions à...

Laurent Jolivet professeur à Sorbonne Université,
Président du conseil scientifique du Référentiel géologique de la France

Portrait et citation
Laurent Jolivet
Citation
Collaboration ambitieuse et de longue date entre l’université et le BRGM, le RGF est un programme de recherche fédérateur pour la communauté des géosciences.
Introduction d'entête
Le Référentiel géologique de la France est la première cartographie géologique numérique en 3D du territoire. Un programme pluridécennal mené avec l’aide des chercheurs et enseignants-chercheurs de la communauté académique.
Body

En quelques mots, qu’est-ce que le RGF ?

L. J. — Le Référentiel géologique de la France, c’est la future base de données géologique du sol et du sous-sol français. L’information y sera numérique, 3D et suivie dans le temps, homogène et cohérente sur l’ensemble du territoire, en métropole et dans les outremers. Ce référentiel prend le relais d’un programme de cartographie du territoire au 1/50 000 mené par le BRGM en collaboration avec le monde académique, lui-même issu de premiers travaux sur le sujet remontant à 80 ans !
C’est un programme fédérateur pour la communauté des géosciences qui traduit un besoin accru de connaissances scientifiques mais aussi une nécessité stratégique forte. Le développement économique dépend en effet en partie du sous-sol et de ses ressources (minerais, eaux souterraines), et de grands enjeux de société concernent aussi le sol et le sous-sol : aménagement du territoire, recherche et stockage de ressources énergétiques, stockage de déchets, prévention des risques et protection des populations et de l’environnement, etc.

Concrètement, comment se passe le travail ?

L. J. — Le Référentiel doit permettre de répondre à ces enjeux en passant d’une information en deux dimensions à une représentation géologique multi-échelle en 3D, et même 4D puisque le temps est une donnée fondamentale en sciences de la Terre. Les données seront intégrées dans un SI collaboratif pour l’échange, la diffusion et l’accès à la connaissance géo­scientifique. Autant de thèmes pour notre collaboration... Car le RGF est avant tout une coopération ambitieuse et de longue date entre l’université, le CNRS et le BRGM inaugurée lors de la première cartographie du territoire. Elle est financée par le BRGM, et le travail commun se décline concrètement en de nombreuses thèses de recherche.
Après un premier « chantier » lancé il y a cinq ans sur le massif des Pyrénées, deux nouveaux chantiers ont été initiés en 2019 sur la cartographie 3D des Alpes et du Bassin parisien avec le démarrage de 13 thèses.

Quel bilan peut-on en tirer ?

L. J. — Ce programme traduit bien la contribution du BRGM à la connaissance géologique. Notre travail commun montre son utilité pour la mettre au service de différents utilisateurs et de la société en général. Le programme rassemble communauté académique universitaire et chercheurs à vocation appliquée. Deux familles qui se connaissent bien, car nous avons déjà travaillé ensemble de façon un peu informelle pour l’ancienne cartographie. Nous sommes désormais plus structurés et focalisés sur des chantiers, le BRGM apportant, outre sa connaissance du territoire national, son expertise en géoréférencement et dans l’harmonisation des cartes. Dans nos projets à venir : le Massif central, les Antilles, et l’ensemble du territoire à l’horizon de quelques décennies...