Comptes
Une année de transformation et de croissance
Avec quatre autres établissements publics de recherche (Inrae, Cirad, Ifremer et IRD), le BRGM est opérateur de l’État au titre du programme 172 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF). Il reçoit également des subventions pour charges de service public (SCSP) du programme 181, notamment pour ses activités d’appui aux politiques publiques et d’après-mine. Enfin, il bénéficie d’une SCSP sur le programme 113 pour le financement du réseau piézométrique.
Au niveau du groupe BRGM
Le résultat net consolidé du groupe s’établit à 1,9 M€, contre 0,9 M€ en 2024. Les principales contributions des entités sont : 0,9 M€ pour BRGM Epic ; 0,6 M€ pour BRGM Invest ; 0,8 M€ pour IRIS Instruments ; 0,1 M€ pour CFG Géothermal. Le résultat de BRGM Explore demeure proche de l’équilibre.
L’année 2025 a vu plusieurs évolutions du périmètre et de l’organisation du groupe. BRGM Epic a procédé au rachat des titres de BRGM Explore détenus par BRGM SA, faisant de cette société une filiale de rang 1. Le cadre juridique de la quasi-régie a par ailleurs été sécurisé en fin d’exercice, en vue d’une pleine mise en œuvre en 2026. Dans ce contexte, BRGM Explore a poursuivi son développement opérationnel, en particulier dans le cadre de l’IRM, avec un renforcement de ses moyens et la conduite de nouvelles campagnes de terrain. Dans le même temps, BRGM Invest a réalisé de nouvelles prises de participation dans les sociétés Lyncée Traçabilité, CaliCO2 et Geolinks.
Au niveau de BRGM Epic
Pour BRGM Epic, l’exercice se clôt sur un résultat net positif de 0,4 M€, contre 1,0 M€ en 2024. Le résultat de fonctionnement s’établit à 0,2 M€ et le résultat financier à 0,3 M€. Hors reprise de provisions et transfert de charges, les ressources liées à l’activité courante s’élèvent à 177,8 M€, soit une progression de 6 % par rapport à l’exercice précédent. Cette évolution résulte à la fois de la progression des activités hors après-mine (145,2 M€, + 6 %) comme après-mine (34,6 M€, + 8 %). Les contrats et conventions, hors subventions d’investissement, s’établissent à 75 M€, en progression de 12 % par rapport à 2024. L’exercice enregistre ainsi une hausse des produits et des ressources liées à l’activité courante.
Cette progression repose en premier lieu sur la montée en charge du projet IRM, mais aussi sur le dynamisme des activités financées dans le cadre de France 2030, en particulier les PEPR coordonnés par le BRGM (OneWater, IRiMa et SousSol) ainsi que le projet relatif aux métaux stratégiques du PEPR Recyclabilité. Elle s’appuie également sur la montée en puissance des projets européens, dont la contribution à l’activité scientifique continue de croître. La production de recherche s’établit ainsi à 65 M€, tandis que l’activité d’appui aux politiques publiques atteint 67,8 M€ en intégrant l’IRM, soit 58,3 M€ hors IRM. Les taux de cofinancement progressent en 2025, tant pour l’appui aux politiques publiques que pour la recherche : ils s’établissent respectivement à 83,3 % et 53,6 %, contre 78,7 % et 51,3 % en 2024. Cette évolution s’explique notamment par la montée en charge de l’IRM, financé à 100 %, ainsi que par le volume de production important sur les PEPR, les projets européens et l’activité de recherche contractuelle.
Cette dynamique favorable doit toutefois être nuancée. L’activité internationale recule de près de 20 % et l’activité commerciale France de 27 %, en lien avec la forte mobilisation des équipes sur les autres activités de l’établissement. De même, après une année 2024 exceptionnelle, le niveau de signatures de commandes marque un net repli, passant de 92,7 M€ hors IRM (145 M€ en incluant l’IRM) à 54,7 M€ en 2025. Bien qu’il s’explique en partie par le niveau record atteint en 2024, ce recul constitue, avec celui de l’activité commerciale, un point de vigilance pour 2026, malgré le niveau de reste à faire toujours important.
Les charges de gestion courante, hors provisions et reprises, s’établissent à 171,6 M€, en progression de 10,7 M€ par rapport à 2024 (+ 6,7 %). Cette évolution tient principalement à la hausse des charges opérationnelles, en lien avec l’accroissement de l’activité, ainsi qu’à l’augmentation des charges de personnel, qui atteignent 91,2 M€ en 2025, contre 87,9 M€ en 2024 (+ 3,7 %). Cette progression intègre un taux de RMPP de 2,5 %, ainsi que le versement d’une prime de partage de la valeur, d’un intéressement et d’un abondement à taux plein.
En 2025, les ressources consacrées à l’activité après-mine progressent de 8 %, sous l’effet conjoint de l’activité de surveillance et des travaux. L’activité de surveillance, financée par une SCSP de 24,9 M€, en légère hausse par rapport à 2024, intègre 0,3 M€ de crédits reportés de l’exercice précédent ; elle se caractérise toutefois par une sous-consommation de 0,4 M€, reportée sur 2026, notamment sous l’effet des mesures d’économies mises en œuvre. Les ressources issues des travaux atteignent pour leur part 9,5 M€, contre 7,3 M€ en 2024.
Le résultat financier s’établit à + 0,3 M€, contre + 0,8 M€ en 2024. La capacité d’autofinancement demeure à un niveau élevé, à 7,6 M€ pour l’Epic. Elle ne couvre toutefois pas l’ensemble des investissements réalisés au cours de l’exercice, qui atteignent plus de 25 M€, dans un contexte de hausse du besoin en fonds de roulement. La trésorerie de l’Epic s’établit ainsi à 77,6 M€ à fin 2025, contre 110,2 M€ à fin 2024.
L’exercice 2025 traduit la poursuite de la dynamique d’activité du BRGM, portée par plusieurs projets structurants, tout en faisant apparaître des tensions accrues sur les équilibres financiers. Ces évolutions appellent une attention particulière à la soutenabilité du modèle économique et aux conditions de financement des investissements dans les exercices à venir.