Réalisation d’un modèle 3D du secteur de Rochessadoule (Gard) avec ForGEO. © BRGM
Géologie et modélisation du sous‑sol
En bref
FORGEO - Refonte open source des outils de modélisation
Le BRGM, dans une démarche d’optimisation et de science ouverte, a recomposé les fonctionnalités essentielles de ses outils de production de modèles géologiques 3D au sein d’une nouvelle architecture modulaire et évolutive. Regroupées sous le nom de ForGEO, elles ont été interfacées dans le logiciel SIG open source QGIS sous la forme d’extensions. Cette boîte à outils permet de construire et évaluer des modèles géologiques 3D, tout en répondant à des besoins transverses : visualisation 3D, géoréférencement, etc. Ces développements sont disponibles en open source sur la plateforme gitlab.com.
RÉFÉRENTIEL GÉOLOGIQUE DE LA FRANCE - Les avancées des chantiers Bassin parisien et Alpes et bassins périphériques
Piloté par le BRGM, le Référentiel géologique de la France (RGF) vise à fournir une information géologique en 3D, numérique, homogène et cohérente sur l’ensemble du territoire national. Les journées RGF 2025, organisées les 24 et 25 mars à Orléans, étaient consacrées au Bassin parisien et aux Alpes et bassins périphériques. Elles ont permis aux acteurs impliqués de présenter l’avancée de leurs travaux. Menée dans le cadre du chantier Bassin parisien, une étude interdisciplinaire a proposé un modèle inédit pour expliquer la formation simultanée de dolomite et d’argiles fibreuses au cours de l’Éocène moyen. Ce travail a donné lieu à une publication dans la revue scientifique Sedimentology.
DE L’ESPACE À LA TERRE - Faire parler les données satellitaires
Le BRGM développe une infrastructure de recherche et de service à partir des données d’observation de la Terre depuis l’espace, pour une application multi-thématique : les risques naturels, les ressources en eau et les ressources minérales. Ce projet s’inscrit dans un contrat d’objectifs, de moyens et de performance qui a connu des avancées notables en 2025. Les données satellitaires du CNES et du programme européen Copernicus (Sentinel) ont été utilisées pour cartographier des inondations, y compris par remontée de nappe, enrichir l’inventaire des glissements de terrain, détecter et caractériser des zones humides et le débit des rivières. Un modèle 3D de la surface des nuages volcaniques a également été créé et une étude réalisée sur la subsidence côtière dans le contexte de changement climatique.
À gauche : terrains lutétiens dans une carrière de Saint‑Maximin (Oise) avec, en bas, le sommet du Calcaire grossier et, en haut, le faciès des Marnes et Caillasses. À droite : petits cristaux de dolomite à cœurs sombres, néoformés dans les Marnes et Caillasses sous l’influence probable d’une activité microbienne à la fin du Lutétien. © Julien Talon
MASSIF CENTRAL - De nouvelles perspectives en Limagne
Le chantier Massif central du programme national de recherche (PEPR) « Sous-sol, bien commun », copiloté par le BRGM et le CNRS, étudie, avec une approche pluridisciplinaire, les conditions dans lesquelles ce territoire pourrait contribuer aux transitions en cours. Les travaux s’intéressent principalement aux métaux critiques et à la possibilité d’un renouveau minier, ainsi qu’à la géothermie profonde. Dans ce cadre, une nouvelle étude sur la Limagne d’Allier démontre qu’elle est caractérisée par un réseau structural composé de failles principalement décrochantes. Ces résultats conduisent à reconsidérer ce bassin sédimentaire et ouvrent de nouvelles perspectives pour la compréhension et l’exploration du potentiel géothermique régional.
Visualisation en 3D du modèle d’élévation du nuage volcanique produit par l’éruption d’Ubinas (Chili) en 2019, réalisé à partir du traitement des images fournies par le satellite Pléiades du CNES. © BRGM
Vers un premier modèle 3D des bassins sédimentaires français
Le BRGM s’est lancé dans la production, à partir de ses nombreux modèles géologiques construits depuis les années 1980, d’un premier modèle géométrique des bassins sédimentaires français – qui couvrent plus de 70 % du territoire métropolitain. Le principe de METROSED 3D est de combiner certaines des surfaces modélisées pour représenter la géométrie des principales coupures stratigraphiques mésozoïques et cénozoïques dans les domaines sédimentaires. Première étape, achevée en 2025 : la collecte et l’archivage des données de près de 200 modèles historiques, la localisation de leurs emprises et l’extraction des surfaces calculées. Soutenue par le PEPR Sous-sol dans le cadre du projet Digital Earth, cette initiative contribuera à l’élaboration du Référentiel géoscientifique national (lire sur cette pages).
EQUIP-G- Vers un réseau de gravimètres quantiques en Europe
Lancé en 2025, le projet EQUIP-G (Horizon Europe), qui réunit 19 partenaires issus de 11 pays, vise à favoriser l’adoption en Europe de la gravimétrie quantique. Il consiste à déployer un réseau de gravimètres quantiques et créer un parc d’équipements partagés, gérés par une structure permettant également le partage des données, des résultats et des savoir-faire. Le BRGM et l’Institut des sciences de la Terre d’Orléans (ISTO) ont la charge d’étudier par hydrogravimétrie les variations de stock d’eau dans la zone non saturée de l’aquifère des calcaires de Beauce. Pour cela, le projet s’appuie sur la plateforme O-ZNS, dans le Loiret, où des gravimètres quantiques seront installés en surface et en profondeur.
Gravimètre quantique AQG en test de mesure sur le site de l’Observatoire des transferts dans la zone non saturée (O-ZNS) de l’ISTO, dans le Loiret, dans le cadre du projet EQUIP-G. © BRGM
GÉOPHYSIQUE - Évaluer l’infiltration d’eau de pluie
Aux côtés de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), le BRGM mène, dans son centre de Meuse/Haute-Marne, un projet qui vise à mesurer et analyser les variations de la teneur en eau d’une verse de déblais d’argilites du Callovo-Oxfordien lors d’événements pluvieux. Ces travaux reposent sur l’utilisation de méthodes géophysiques non destructives, principalement la tomographie de résistivité électrique (TRE), pour imager l’infiltration d’eau de pluie sur plusieurs jours à travers la mesure de la résistivité électrique de la verse. Le projet est entré en phase test.