Géologie et modélisation du sous‑sol
L'interview partenaire
Jean-François Monteils Président du directoire de la Société des grands projets
Quel est le rôle de la Société des grands projets (SGP) ?
Jean-François Monteils — Créée en 2010, la SGP assume la maîtrise d’ouvrage du Grand Paris Express : 200 kilomètres de métro, soit autant que le réseau historique, dont 90 % en souterrain ; 68 gares à construire, dont certaines à plus de 50 mètres de profondeur. Depuis l’origine, l’identification précise des formations géologiques traversées par le projet, et donc ses tunneliers, est au cœur des préoccupations des ingénieurs de la SGP. Elle a engagé de vastes campagnes de reconnaissance géotechnique dès 2012, avec près de 12 000 sondages réalisés à date. Aucun projet n’en a réalisé autant. La SGP est donc un acteur doté d’une expertise et d’une expérience majeures dans la pratique de sous-sols complexes.
Pourquoi avoir noué un partenariat avec le BRGM ?
J.-F. M. — Le bassin de Paris, connu des experts pour sa composition géologique sédimentaire et donc diverse, nous a réservé des surprises en dépit de cet effort de sondage, impliquant des modifications importantes de nos méthodes constructives : présence de poches ou lentilles de sables dans les formations de l’Yprésien, pendages plus importants, ennoiement de gare après un percement de tunnelier à proximité d’une nappe phréatique... Un partenariat avec le BRGM nous semblait donc crucial pour bénéficier tant de sa base de données que de ses chercheurs, doctorants, étudiants, capables de fournir une analyse tierce du contexte géologique du projet – appuyée par un modèle 3D – nous permettant de mieux appréhender la masse d’informations collectées et donc les risques géologiques et géotechniques, ainsi que les réactions des aquifères.
Que peuvent apporter les éléments collectés lors de la réalisation du Grand Paris Express ?
J.-F. M. — Au-delà de la réalisation du projet, l’utilisation des échantillons est le second objectif de notre collaboration. La masse de données accumulées par la SGP constitue un héritage de la réalisation du Grand Paris Express qui éclairera de nombreux aménageurs, promoteurs, porteurs de projets. Partager progressivement ces données dans la base France Géotechnique du BRGM, qui a vocation à être publique, et les mobiliser pour divers programmes de recherche, pour construire avec des partenaires académiques un modèle 3D géologique du sous-sol parisien, c’est agir en faveur de l’intérêt général et c’est ce qui anime l’action de nos deux établissements.