Cartographie 2025 des surfaces de la communauté intercommunale du nord de La Réunion (Cinor) potentiellement désimperméabilisables. © BRGM
Risques liés au sol et au sous‑sol
En bref
LA RÉUNION - Un territoire à haut potentiel de désimperméabilisation
Comment favoriser l’infiltration des eaux pluviales, restaurer les fonctions écologiques des sols et préserver la ressource en eau souterraine ? Pour nourrir cette réflexion, la communauté intercommunale du nord de La Réunion (Cinor), qui regroupe Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne, a lancé le projet ZAN Cinor, inscrit dans la démarche Zéro artificialisation nette (ZAN). Accompagnant les collectivités dans leurs actions de désimperméabilisation, le BRGM a appliqué la méthode DésiVille qu’il avait développée sur Nantes Métropole, en l’adaptant au contexte réunionnais : en utilisant une approche SIG multicritère hybride et en requalifiant notamment la pondération de la pente des sols. Les résultats révèlent un potentiel de désimperméabilisation important, à hauteur de 86,61 % des surfaces imperméables du territoire.
RETRAIT-GONFLEMENT DES SOLS ARGILEUX - Une nouvelle carte d’exposition au risque
À la demande de l’État et dans le cadre du 3e plan national d’adaptation au changement climatique, le BRGM a mis à jour, en 2025, la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles (RGA) datant de 2019 et devenue en 2020 le zonage réglementaire pour ce phénomène (loi Élan). Disponible en ligne sur Géorisques – avec une entrée en vigueur le 1er juillet 2026 –, ce document montre que les zones avec une exposition au RGA moyenne ou forte couvrent désormais 55 % du territoire (contre 48 % auparavant).
La carte d’exposition au RGA a été actualisée en intégrant des données récentes sur la sinistralité et en apportant des améliorations méthodologiques.
© BRGM
Une approche multirisque pour renforcer la résilience territoriale
Coordonné par Norsar, le Réseau de surveillance sismique norvégien, le projet européen MEDiate (2022‑2025) a travaillé sur une approche de la résilience multirisque, considérant l’évolution temporelle de l’aléa, de l’exposition et de la vulnérabilité. Dans ce cadre, le BRGM a développé des modèles de fragilité multi-aléa pour le bâti, intégrant par exemple l’interaction entre séisme et inondation. Une zone pilote a été mise en place sur la métropole de Nice, partenaire du projet, afin de co-construire des scénarios multirisques. Plusieurs workshops ont eu lieu localement, incluant un serious game (jeu sérieux) préparé par le BRGM sur la base de la tempête Alex de 2020, qui mettait en évidence le processus de décision pour cibler des solutions de remédiation en fonction de critères parfois divergents.
MAURICE ET RODRIGUES - Mieux connaître les risques littoraux pour s’y adapter
Réalisé en collaboration avec l’Agence française de développement (AFD) et la République de Maurice, le projet MauRisCot a été finalisé en 2025. Il visait à évaluer les aléas côtiers et les risques associés sur Maurice et Rodrigues ainsi que leur évolution face aux effets attendus du changement climatique. Différentes études ont été menées sur le littoral des deux îles, plus particulièrement sur le recul du trait de côte, l’érosion côtière et la submersion marine en contexte cyclonique. Elles ont abouti à une cartographie des aléas et des risques sur les zones côtières, ainsi qu’à l’évaluation des différentes possibilités d’adaptation, notamment au moyen de solutions fondées sur la nature. Ces résultats contribueront à la mise en place de plans d’action pour la remédiation et la protection des biens et des personnes.
L’anse de Mourouk, au sud de l’île Rodrigues, marquée par l’érosion côtière. © BRGM
DÉPOLLUTION DES SOLS - La polarisation provoquée spectrale comme méthode de suivi
Une thèse co-encadrée par le BRGM a exploré une voie innovante et durable pour suivre la dépollution des sols contaminés par les hydrocarbures : elle utilise la polarisation provoquée spectrale (PPS) pour traquer, en temps réel, la biodégradation du toluène par des bactéries – une alternative écologique et économique aux méthodes classiques de suivi de dépollution. Deux articles scientifiques ont été produits : le premier démontre la capacité du suivi par PPS à révéler les signatures électrochimiques de la bioremédiation ; le second introduit une inversion bayésienne de pointe, capable d’estimer directement les paramètres biogéochimiques clés avec leur incertitude.
PFAS - Des outils pour s’informer sur les polluants « éternels »
Mobilisé sur la problématique des PFAS, le BRGM mène plusieurs projets visant à mieux connaître ces substances per- et polyfluoroalkylées très diverses, mieux comprendre leur comportement dans l’environnement et concevoir des solutions de remédiation. Partie prenante du plan d’action interministériel lancé en 2024, l’établissement a développé, dans ce cadre, un outil de visualisation des données de surveillance de ces molécules dans l’eau sur le territoire national. La carte Info PFAS permet de localiser les points de prélèvement et de connaître les résultats des mesures associées. En juillet 2025, date de sa mise en ligne, plus de 2,3 millions d’analyses étaient déjà accessibles à tous. Une foire aux questions (FAQ) très complète sur ces polluants dits « éternels » a également été publiée sur brgm.fr.
Les PFAS ont la particularité de persister dans l’environnement en raison de leurs liaisons carbone-fluor très stables et résistantes. © BRGM
Après-mine / SAINT-ÉTIENNE - Des travaux pour sécuriser la voie de contournement
Fin juillet 2025, les remblais de comblement de l’ancien puits minier de la Machine anglaise s’affaissent sous la voie de droite d’un échangeur entre la RN 488 et l’autoroute A 72. Aux heures de pointe, jusqu’à 2 200 véhicules par heure circulent sur cet axe stratégique qui contourne Saint-Étienne (Loire) et longe un réseau de fibres à haut débit. L’origine minière du désordre étant avérée, le BRGM procède en urgence au traitement de la tête du puits afin de rétablir la circulation. Le chantier de sécurisation de la chaussée a été réalisé à l’automne suivant et facilité par la bonne coordination entre les différents acteurs impliqués. La circulation a pu reprendre normalement avant les vacances de fin d’année.
Implantation de colonnes de jet grouting dans les remblais de l’ancien puits minier situé sous l’autoroute de contournement de Saint-Étienne. © BRGM
Après-mine / VIEUX-VY-SUR-COUESNON - Mise en sécurité d’un ancien puits de mine dégradé
Le BRGM est intervenu en septembre 2025 à Vieux-Vy-sur-Couesnon (Ille-et-Vilaine) pour sécuriser une tête de puits d’une ancienne mine de plomb argentifère. Le passage d’un tracteur agricole avait endommagé la dalle de fermeture, laissant apparaître un trou d’environ 50 centimètres de largeur, donnant sur un vide de 6 mètres de profondeur. La dalle a d’abord été déconstruite pour pouvoir évaser la tête de puits. Composé de gros blocs d’enrochement (80-100 cm) percolés au béton, un bouchon conique a ensuite été réalisé. Un tumulus en enrochements libres a enfin été créé, puis recouvert de terre et ensemencé afin de s’intégrer dans le paysage agricole.
Réalisation d’un bouchon conique par percolation d’enrochements au béton, pour sécuriser la « cheminée 8 » d’une ancienne mine à Vieux-Vy-sur-Couesnon. © BRGM
Après-mine / Garantir la sécurité hydraulique d’anciens territoires miniers
Le 11 juin 2025, le BRGM a confié à Saur France la gestion, pour six ans, des installations hydrauliques de sécurité (IHS) du bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais. Ce marché public couvre l’exploitation et la maintenance des 52 stations de pompage qui régulent les eaux de pluie et de ruissellement pouvant s’accumuler dans les cuvettes d’affaissement d’origine minière, contribuant ainsi à prévenir les inondations sur une superficie de 6 000 hectares urbanisés.
Après-mine / EXPÉRIMENTATION - Des télescopes à muons pour la surveillance souterraine
Un test de surveillance d’un ancien site minier du bassin ferrifère lorrain au moyen d’un télescope à muons a été lancé en juillet 2025, pour plusieurs mois. La muographie permet, grâce aux variations de densité déduites de la vitesse de progression des muons à l’intérieur d’un objet, d’identifier ses zones de fragilité. Initiée par BRGM Invest et fruit d’une collaboration entre le BRGM, IRIS Instruments et Muodim, l’expérimentation est menée dans une cavité située à Thil (Meurthe-et-Moselle), sujette à effondrements. Elle doit permettre de caractériser les terrains de couverture afin de définir les travaux de comblement à réaliser, mais aussi de valider cette méthode de contrôle non destructif en milieu souterrain proposée par la société Muodim.
Télescope à muons installé dans une ancienne mine de fer à Thil. © BRGM
Après-mine / ABBARETZ - Maîtrise de l’érosion et restauration d’une lagune
L’exploitation de l’ancienne mine d’étain d’Abbaretz (Loire-Atlantique) a laissé des dépôts de résidus de traitement et de stériles miniers. Face à l’érosion hydraulique et la perte de capacité de rétention de la lagune, le BRGM a lancé des travaux visant à limiter le transfert de sédiments vers les milieux naturels en aval et à faciliter l’entretien du site. Des seuils en enrochements ont d’abord été aménagés au pied des ravines afin de ralentir les écoulements et piéger les polluants. Une piste renforcée a été réalisée pour le curage de la lagune, pour l’intervention des engins. Enfin, deux rideaux de palplanches métalliques ont permis de créer trois bassins de décantation. En raison de difficultés techniques nécessitant des adaptations méthodologiques, les travaux se sont achevés seulement début 2026.
À Abbaretz, chargement d’un tombereau avec les produits extraits de la lagune lors de son curage visant à restaurer ses capacités de rétention et de décantation. © BRGM
Après-mine / MOYEUVRE-GRANDE - Un drone pour explorer des galeries inaccessibles
À Moyeuvre-Grande (Moselle), la présence d’air vicié (CO2 et radon notamment) dans des habitations a conduit le BRGM à étudier la possibilité de rouvrir des accès d’anciens sites miniers. Lors des investigations de terrain, la progression de l’équipe a été interrompue, dans un secteur, par des concentrations élevées de CO2 et la présence d’eau liée à l’ennoyage du réservoir. L’utilisation d’un drone a alors permis d’explorer 250 mètres supplémentaires de galerie en ligne droite, au-dessus de la partie immergée. Grâce à cette solution innovante en souterrain, le BRGM a pu formuler des recommandations sur l’aérage de ces anciens sites miniers.