Numérique pour les géosciences
L'interview partenaire
Stéphanie Schaer Directrice interministérielle du Numérique
Quel est le rôle de la direction interministérielle du Numérique (DINUM) face aux enjeux liés aux données, notamment environnementales ?
Stéphanie Schaer — La DINUM coordonne les politiques numériques de l’État, favorise l’interopérabilité des systèmes d’information, facilite le partage de données entre administrations et pilote la réduction de l’empreinte environnementale du numérique public. Les données environnementales occupent une place croissante dans la décision publique. Celles sur les métaux critiques, notamment, orientent les politiques sur l’allongement de la durée de vie du matériel et les doctrines d’achat. La collaboration avec le Commissariat général au développement durable illustre cette convergence entre transformation numérique et transition écologique.
Dans ce contexte, quelles sont vos attentes vis-à-vis du BRGM ?
S. S. — Le BRGM produit des connaissances essentielles pour les administrations sur le sol, le sous-sol et les ressources naturelles. Ces données alimentent notamment les analyses du cycle de vie mobilisées dans NumÉcoÉval pour mesurer l’empreinte environnementale du numérique. Elles éclairent également les feuilles de route ministérielles sur les ressources critiques et les dépendances industrielles. Dans ce contexte, le BRGM doit poursuivre ses efforts en matière d’infrastructures de diffusion des données, qui doivent en outre pouvoir s’interfacer efficacement avec le catalogue national et les grandes plateformes publiques (data.gouv.fr,
Géoplateforme...) afin de faciliter le croisement des données et leur réutilisation à grande échelle. Nous attendons également de l’établissement qu’il poursuive l’ouverture et la couverture territoriale de ses données, afin qu’elles soient toujours plus complètes, homogènes et directement mobilisables par les acteurs publics.
Comment évaluez-vous la mission de l’établissement en matière de données géoscientifiques et environnementales ?
R. M. — Le travail de collecte, bancarisation et diffusion de données via InfoTerre et Géorisques constitue un socle indispensable pour l’action publique. Il s’inscrit en outre dans une dynamique européenne, portée notamment par la directive sur les données de forte valeur (High Value Datasets) qui identifie certaines données publiques comme stratégiques pour leur potentiel de contribution à l’innovation, à la croissance économique et à l’information des citoyens. Les données géoscientifiques et environnementales produites par le BRGM entrent pleinement dans cette catégorie et représentent un levier pour renforcer la souveraineté et la compétitivité européenne.