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Ressources minérales et approvisionnement responsable

Résultat remarquable Un nouvel inventaire pour mieux connaître nos ressources minérales

Introduction d'entête
Le BRGM a lancé, début 2025, la mise à jour de l’inventaire des ressources minérales (IRM) du sous-sol français. Répondant à un enjeu de souveraineté nationale et européenne, cette mission, qui implique toutes les directions de l’établissement ainsi que sa filiale BRGM Explore, consiste à investiguer des territoires susceptibles d’abriter des substances d’intérêt pour l’économie.
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La collecte de données géophysiques est effectuée notamment au moyen de levés aéroportés, comme ici dans le Massif central. © Alexandre Magnan

Lithium, cobalt, nickel, cuivre, terres rares… : les technologies requises par les nécessaires transitions énergétique et numérique sont très consommatrices de ressources minérales et appellent à sécuriser nos approvisionnements afin de renforcer la résilience de l’économie tout en soutenant la réindustrialisation. Ce qui passe, en plus d’efforts de sobriété, par le développement du recyclage des déchets contenant des substances minérales et l’exploration des ressources de notre sous-sol, dans le but de réduire notre dépendance aux importations.

Reconnu pour son savoir-faire historique en la matière – l’établissement a réalisé le premier inventaire minier de la France entre 1970 et 1995 –, le BRGM a été missionné par l’État pour actualiser l’état des lieux des ressources minérales du sous-sol français. D’une durée de cinq ans, cet inventaire national vise à identifier les secteurs susceptibles de contenir des substances d’intérêt. « Pas moins de 55 matières minérales sont considérées aujourd’hui comme stratégiques et critiques et recherchées dans le cadre de cet inventaire, contre 22 seulement lors des dernières années du précédent », souligne Blandine Gourcerol. Cette mission est, par ailleurs, alignée sur les dispositions du Critical Raw Materials (CRM) Act, règlement européen qui vise le déploiement et le suivi, dans chaque État membre de l’Union, d’un plan d’exploration national.

L’intelligence artificielle pour l’interprétation des données

Cinq zones situées dans l’Hexagone et en Guyane ont été définies comme prioritaires pour leur potentiel de découvertes. Le travail consiste tout d’abord à y acquérir, au sol et par voie aéroportée, des données géophysiques (par gravimétrie, magnétisme/spectrométrie, électromagnétisme) et géochimiques. « Nous optimisons cette phase en utilisant les toutes dernières techniques d’exploration minérale et en exploitant les échantillons conservés de l’ancien inventaire minier », indique Blandine Gourcerol.

Le BRGM s’appuie sur sa filiale BRGM Explore ainsi que sur des entreprises spécialisées pour la mise en œuvre des opérations de terrain : les levés de géophysique – un concours d’innovation a été lancé pour la collecte de ces données dans les conditions difficiles de la Guyane – et les campagnes géochimiques – près de 14 000 échantillons de sédiments de ruisseau ont été prélevés en 2025 dans plus de 1 650 communes. Un laboratoire conforme aux standards de l’industrie minière a également été mis en place pour assurer la préparation des échantillons en vue de la réalisation d’analyses multi-élémentaires visant à détecter des « anomalies » en métaux.

Vient ensuite l’interprétation des données de l’exploration minière, qui fait intervenir toutes les compétences du groupe BRGM. En plus de son expertise transversale, l’établissement a lancé un appel aux entreprises innovantes dans le but de mobiliser d’autres technologies, notamment l’intelligence artificielle. « L’objectif est de parvenir, sur la base des anomalies minérales que nous avons identifiées et grâce à des solutions nouvelles, à une interprétation systématique, identique sur toutes les zones couvertes et, si possible, plus poussée sur le plan qualitatif », avance Blandine Gourcerol.

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Cinq zones de l’Hexagone et de Guyane sont investiguées pour l’actualisation de l’inventaire national des ressources minérales. © BRGM

La médiation scientifique pour faire comprendre les enjeux

Dans chaque zone concernée par l’inventaire, l’accent est mis sur le dialogue territorial, qui associe communication auprès des services de l’État, des collectivités et du grand public – une « foire aux questions » (FAQ) très complète a également été mise en ligne sur le site brgm.fr – et médiation scientifique, dans le but de faire comprendre les enjeux économiques et sociétaux du projet ainsi que ses aspects techniques. L’IRM est, en outre, un puissant vecteur de formation pratique aux métiers des géosciences, qui attire de nombreux jeunes diplômés. En Guyane, il devrait même déboucher sur la mise en place, avec l’université, d’une certification pour la prospection en forêt en milieu tropical.

Les résultats de l’inventaire des ressources minérales seront communiqués, entre autres supports, sous la forme de cartes de favorabilité indiquant de potentiels gîtes minéralisés, au fur et à mesure de l’achèvement des chantiers : les Vosges en juillet 2026 puis le Massif central en septembre 2027, le Morvan-Brévenne en décembre 2027, les Pyrénées-Cévennes en septembre 2028 et, enfin, le nord-est de la Guyane en février 2029. 

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Portrait de l'auteur
Blandine Gourcerol
Prénom de l'auteur
Blandine
Nom de l'auteur
Gourcerol
Métier de l'auteur
Directrice de l’Inventaire des ressources minérales (IRM)
Pas moins de 55 matières minérales sont considérées comme stratégiques et critiques et recherchées dans le cadre de cet inventaire