Principe de fonctionnement d’une barrière physique souterraine (BPS) en milieu continental pour stocker de l’eau, avec système de pompage. © Frissant-Dewandel-Gouy
Eau souterraine et préservation de la ressource
En bref
Et si on stockait l’eau sous terre ?
Les barrières physiques souterraines (BPS) sont utilisées depuis des décennies dans des régions subissant de forts contrastes de précipitations. Ces ouvrages permettent notamment de stocker l’eau dans son milieu naturel, à l’abri de l’évaporation, sans risque de prolifération de micro-organismes et tout en permettant son renouvellement, afin de la rendre disponible ultérieurement. Les BPS pourraient-elles constituer un outil d’adaptation aux fortes sécheresses ? À la demande de l’établissement public territorial de bassin (EPTB) Gardons, le BRGM a réalisé un inventaire des différents types de BPS dans le monde, développé des outils de modélisation pour analyser l’impact de certaines d’entre elles et étudié en particulier celle de Massillargues-Attuech (Gard), la seule connue en France. Ce rapport est en ligne sur le portail InfoTerre.
ÉTANG DE THAU - Remédier à l’inversac pour préserver les ressources en eau
Le BRGM s’est mobilisé, aux côtés de ses partenaires, pour remédier à l’inversac qui, dans la lagune de Thau (Occitanie), touche régulièrement la source de la Vise et expose à la salinisation les ressources en eau douce. Un système de mesures inédit a d’abord permis de comprendre et de suivre le phénomène et son impact sur l’aquifère karstique. Une publication parue dans la revue Nature Communications Earth & Environment a ainsi démontré que l’origine du phénomène était la différence de pression entre l’aquifère et la lagune, l’eau salée étant plus dense. Un dispositif innovant a ensuite été installé à l’été 2025 là où la source de la Vise débouche dans la lagune, dans le but de limiter les intrusions d’eau salée dans l’aquifère tout en maintenant les débits naturels d’eau douce. Cette expérimentation inédite, prévue sur trois ans, pourraient être transposée à d’autres sites subissant ce phénomène.
Le dispositif visant à limiter le phénomène d’inversac a été installé au fond de la lagune de Thau, à 27 mètres de profondeur. © ANTEA
RECHARGE MAÎTRISÉE DES AQUIFÈRES - L’expertise du BRGM s’exporte
Le BRGM comptait parmi les quelque 170 participants, issus d’une trentaine de pays, au Symposium international sur la recharge maîtrisée des aquifères (ISMAR) qui s’est tenu du 28 avril au 2 mai à Stellenbosch, en Afrique du Sud. L’équipe a présenté une synthèse sur la mise en œuvre, en France, de cette solution pour la gestion durable des ressources en eau dans un contexte de changement climatique, ainsi que les résultats d’un projet mené en Éthiopie et financé par l’Agence française de développement (AFD). Inscrits dans un contexte de pressions climatique et démographique croissantes, ces travaux ont abouti notamment à la réalisation d’une carte d’aptitude à la recharge maîtrisée des aquifères des terrains autour de Dire Dawa et Jijiga.
Carte de la région autour de Dire Dawa et Jijiga, en Éthiopie orientale, affichant le niveau d’aptitude des terrains à la recharge maîtrisée des aquifères. © BRGM
MAYOTTE - Les eaux souterraines expliquées aux élèves
Après avoir identifié, entre 2023 et 2025, de nouvelles ressources en eau souterraine destinée à la consommation humaine, le BRGM a été missionné par Les eaux de Mayotte (LEMA) pour l’accompagner dans la réalisation de 24 forages. Bénéficiant de l’appui du plan Eau Mayotte 2024-2027 lancé par l’État, cette 7e campagne vise à diversifier les sources d’approvisionnement et les capacités de production d’eau potable sur l’île. Les données scientifiques ainsi collectées seront capitalisées, valorisées et alimenteront en outre les réflexions sur la future stratégie Eau à Mayotte.
Forage d’Ouroveni en cours de réalisation sur l’île de Mayotte. © BRGM
NUTRI-KARST - Restaurer les rivières comtoises
Face à la dégradation chronique de la qualité des eaux dans le massif du Jura, le BRGM, à travers le projet NUTRI-Karst, a décrypté et quantifié l’origine multifactorielle des nutriments (azote et phosphore principalement) qui s’y retrouvent, mettant en évidence les impacts de certaines pratiques agricoles, de certains rejets de l’assainissement et du changement climatique. L’établissement, en lien avec la chambre interdépartementale d’agriculture Doubs-Territoire de Belfort, a également identifié les pratiques agricoles à privilégier et celles à risque, et partagé ces recommandations avec les acteurs concernés. Plus de 100 actions ont ainsi été proposées.
PYRÉNÉES-ORIENTALES - Un Living Lab sur l’eau
Marqué par la sécheresse pluriannuelle 2022-2025, le département des Pyrénées-Orientales a lancé un plan de résilience visant à adapter le territoire. Dans ce contexte et dans le cadre du partenariat européen Water4All, le BRGM a impulsé en mars 2025 la co-construction d’un Water Oriented Living Lab (WOLL), un espace de coopération et d’innovation dédié à la gestion de la ressource en eau face au changement climatique. Témoignant de l’intérêt collectif pour ce dispositif, des rencontres organisées en juillet puis en novembre ont réuni des dizaines de chercheurs, collectivités, acteurs socio-économiques et associations. Les échanges ont contribué à définir les thématiques de recherche prioritaires et les activités à mener, ainsi que la gouvernance et les modalités de fonctionnement d’AQUALAB 66.
JUNON - Un jumeau numérique pour la gestion territoriale des eaux
Piloté par le BRGM et co-financé par la région Centre-Val de Loire, le programme ARD Junon vise à créer un pôle numérique dédié à la gestion des ressources naturelles. Un prototype de jumeau numérique de la nappe de Beauce a ainsi été développé en 2025. Il permet de simuler en continu et de prévoir sur 3 à 6 mois les variations des niveaux d’eau souterraine. Fort d’une vingtaine de partenaires, Junon développe aussi d’autres jumeaux : qualité de l’eau, de l’air, approches satellitaires et zones humides. Tous reposent sur une architecture robuste et un socle méthodologique pensés pour être étendus à d’autres cas d’usage.